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« Afrique, relève la tête » : Benin
Mardi, 27 Mars 2012 13:04
Sr Amélie Vantard, OP, a visité le projet des Frères Dominicains en Benin: Va vers les gens. Va avec eux. Apprends d’eux. Aime-les. Construis-sur ce qu’ils ont. Commence avec ceux qu’ils connaissent. Enseigne en montrant. Ne te conforme pas mais transforme. Ne soulage pas mais libère.  Apprends en pratiquant. Et quand avec les meilleurs leaders, le travail est fait, la tâche accomplie, les gens diront : « Nous l’avons fait nous-mêmes ».
Cette phrase de Lao-Tseu (600 avant JC) figure en bonne position sur la charte du projet Songhaï et en résume bien l’esprit : permettre aux africains de travailler au développement de leur continent et aider les habitants à acquérir un meilleur niveau de vie social et économique.
« Afrique, relève la tête » est la devise des volontaires de Songhaï ! Au Bénin, tout le monde connaît ce nom. Les enfants l’apprennent à l’école : c’est un des empires les plus florissants de l’Afrique (dans la région de l’actuel Mali) qui connu son apogée entre le XIVe et XVIe siècles et pour un africain, il est un symbole de prospérité. Ce n’est donc pas un hasard si ce nom a été choisi par le frère dominicain, Godfrey Nzamujo pour baptiser son projet. 
 J’ai visité un de ces « centres-modèles », situé à Parakou au Bénin. Au cœur de la structure : une entreprise agricole, culture et élevage.  Ce qui est frappant de prime abord, c’est sans doute la « largeur de vue » de ce projet : Songhaï-Parakou est à la fois un centre de formation, de production, de recherche et de développement en agriculture durable.
Le but, est de parvenir à une auto-suffisance totale, en utilisant au maximum les ressources locales. Ici, rien ne se perd, tout se transforme… Les feuilles mortes sont recueillies et seront recyclées de diverses façons. L’engrais naturels des animaux et des poissons est réutilisé pour produire du bio-gaz. Combiné à l’énergie solaire, il pourra bientôt produire suffisamment d’électricité pour répondre au besoin d’un village. L’objectif de Songhaï n’est pas seulement de produire, mais aussi de former. Plusieurs centaines de personnes travaillent en effet au centre de Parakou. Parmi elles, de nombreux élèves qui viennent se former au métier d’agriculteurs. Ils pourront alors exporter le modèle Songhaï dans leur propre village. Le centre est aussi une source de développement économique pour toute la zone. Les femmes  des villages proches peuvent en effet venir récolter et acheter une partie de la production et la revendre sur les marchés. Le reste de la production est transformée en partie sur place : jus de fruits, confiture, fruits séchés, biscuits…
Le projet Songhaï n’est donc pas une simple ferme « modèle ». Il part de la certitude que l’Afrique possède des ressources, des valeurs et des potentialités propres, uniques et qui sont capables de la faire pleinement proposer une alternative vraiment crédible à la crise que vit le continent. Il cherche à rapprocher les agriculteurs des organismes de crédit, à améliorer les espèces ou à implanter de nouveaux types de plantes, à former des entrepreneurs, à permettre l’accès aux technologies et aux marchés, à favoriser les échanges de compétences…  
Le projet Songhaï ne cesse de croître : un projet en appelle un autre, une idée en fait germer une nouvelle : pour les années à venir, les volontaires évoquent le développement de nouvelles technologies agricoles, de l’éco-tourisme agricole, de la recherche sur les nouvelles sources énergétiques. Il ne se limite d’ailleurs pas aux frontières du Bénin : si Porto-Novo reste le berceau du projet, celui-ci a un impact dans la sous-région et il se développe en différents pays, notamment au Nigéria. Il a reçu, à de nombreuses reprises, des prix et des récompenses et bénéficie aujourd’hui du soutien de grands organismes internationaux comme la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ou bien encore les Nations Unies.
Pour plus de renseignements : http://www.songhai.org/
 
 

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